L’angoisse d’abandon

L’angoisse d’abandon est sans doute la plus précoce des angoisses de la petite enfance et des racines de l’angoisse en général. Elle apparaît et se manifeste (cris, pleurs, agitation, effroi) lorsqu’un besoin instinctif du petit enfant (faim par exemple) ne trouve pas sa satisfaction immédiate.

Elle devient ensuite désarroi devant l’absence (ou la possibilité d’absence) de réponse à la demande de présence de la mère. Dominée dans l’évolution, elle réapparaît chaque fois que l’être se trouve confronté à une menace (d’abord externe puis intériorisée) opposée à son désir dans le sens où celui-ci se heurte à un interdit qui, originellement, aurait eu pour sanction le retrait d’amour et l’abandon. Il ne s’agit donc pas d’une réaction à un abandon réel. (Lafon R. : « Vocabulaire de psychopédagogie et de psychiatrie de l’enfant »)

Cette angoisse est liée à une faille narcissique précoce minant toute rencontre à venir, qui est toujours, potentiellement, une séparation. Se séparer, c’est perdre l’illusion d’une totalité qu’on pensait être ou faire avec un objet. L’angoisse d’abandon renvoie à une défaillance du premier miroir que constitue le regard maternel. Ce ne fut pas un regard où l’enfant s’est senti exister en tant que lui-même mais d’un regard absent.

L’angoisse d’abandon diffère donc nettement de l’abandon réel car la mère demeure présente. Il n’y a pas de travail de deuil mais plutôt un désinvestissement de la mère qui reste engluée dans ses problèmes et absente, psychiquement, pour l’enfant.

 

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16 commentaires

  1. Je reconnais tout d’un coup des morceaux de mon histoire.
    J’avais longtemps focaliser sur l’absence relative de mon pere, sans me rendre compte a quel point il etait annule par ma mere. Ceci fait, je n’avancais plus tant que cela…mais cette lecture me rappelle des faits: ma maman etait en depression pendant sa grossesse de moi, depression d’etre partit a l’etranger un an, d’avoir quittee sa famille et sa soeur jumelle, depression d’etre avec un homme surement infantile et desinvestit a l’epoque. Bref…j’ai travaille et j’ai encore du travail pour vivre mieux avec tout cela. Cela fait toujours autant de bien de voir qu’il y a un genre de mecanisme, qui laisse esperer une possible evolution.

  2. Je reconnais tout moi aussi.

    Oui je reconnais bien là mon histoire, seulement, alors qu’autrefois j’étais l’enfant abandonnée, aujourd’hui je suis la mère présente mais absente à la fois. J’ai renoncé à un travail qui me faisais partir car j’ai du mal à être loin de mon bébé, mais quand je lis tout ça, j’ai l’impression que rien de ce que je fais n’est sincère. L’une de mes plus grandes angoisses aujourd’hui est de perdre ce bébé; que ce soit par accident, par crash(je suis hotesse de l’air), par catastrophe naturelle ou tout simplement, par reproduction de ma situation. Seulement je me rends compte que je ne suis pas si présente que ça pour mon enfant, j’ai tant de choses à faire à la maison que je ne lui accorde pas beaucoup de temps et j’ai parfois ce sentiment que jene fais pas les choses bien, je ne suis pas sincère.

    Cette article renforce mes angoisses et j’espère y trouver une solution. 

    • J ai vécu les mêmes sentiments que vous et j ai eu besoin d entreprendre une psychanalyse . Je pense que seule , ce n est pas possible d arriver à changer de comportement .
      Les SPÉCIALISTES DE L ÂME existent , cela est bien pour qqchose : de vrai et profondément important , notre moyen de penser et de vivre , BIEN .!!!!

  3. j ai fait des années de thérapie, j ai creusé, tout dit de moi, mais j étais dans le déni total.j ai pendant des heures et des heures décrit le regard absent de ma mere, j ai appellé ca le regard qui s en va, je suis boulimique et j ai toujours eu des désordres alimentaires.Mais jamais au grand jamais je n ai accepté ou reconnue le fait que j avais été doublement abandonnée.d abord pschychiquement et ensuite plusieurs fois physiquement. Cest comme si ce mot était un gros mot…

    mais ou j angoisse alors que je devrai etre soulagée, c est que malgré cette réalisation, malgré le fait que ça décrit parfaitement mon vécu, je n arrete pas de me dire JE NE RESSENS RIEN?????

    ps je n arrive pas à me voir entierement dans un miroir.

    re ps j espere que tout va sortir

    • Bsr
      C est bien là, la vrai question , vous ne ressentez RIEN .!
      C est une mort en soi . Voilà pourquoi !
      Le vide en soi du au manque d attention , d intérêt , de considération , de valorisation , d amour , de sécurité et de protection , nous cause :ce rien  » comme vous dites !
      Rien = je n arrive pas ou presque jamais à ressentir DU PLAISIR à faire quoi que ce soit . Bonne continuation

  4. en vous lisant Ca me parle …. je suis depuis longtemps en psychanalyse après 6 années de thérapie. il n’y a que la parole en analyse face à soi qui allège ou fait choir des symptomes … c fort et vivant

  5.   Je vous remercie énormément!  Votre texte m’a fait l’effet d’un an de consultation. Et j’ai vraiment besoin de résumer ce que j’y ai compris. Je comprends désormais que tout n’était qu’un problème de peur, de panique, d’empressement et d’une fausse culpabilité, d’autodestruction de la part de ma mère. Et que dans cette situation entièrement inventée pour s’autonuire ( parce qu’elle veut se demander cet amour pour moi), et étant donné qu’elle ne se comprend pas, qu’elle n’arrive pas à comprendre qu’étant investie entièrement dans d’autre problèmes personnels, s’occuper de façon aussi totale et parfaite de son enfant était au dessus de ses moyens, elle a ainsi bloqué toute posssibilité de m’aimer véritablement , d’être elle-même. C’est une erreur de compréhension envers elle-même qui vient d’elle mais aussi du regard de mon père sur elle, étant pour lui une femme donc une mère inconditionnelle comme dans « le lieu commun ». Même si je comprends que personne n’était coupable, il n’en demeure pas moins, qu’à cause du manque de cette reconnaissance envers eux-même, tout le monde c’est rendu coupable. Et que pour moi c’est assez difficile encore de me rendre compte que cette « mère morte » avec laquelle je coexiste depuis longtemps (29 ans) n’est qu’une invention, un faux miroir à double face qui nous sépare.

    Votre texte me donne aussi une intuition, je pense que j’y comprendrai pourquoi il m’est impossible de ne pas me comporter en temps que coupable quand je suis regardé comme tel et que je ne le suis pas. Peut-être dans l’exitation auto-érotique relié à la haine secondaire?

    Je suis maintenant totalement devenue cette « mère morte », mon imaginaire ressemble aussi tant dans la matière que dans l’image à une mer perdue dans le brouillard. Mais grâce à votre texte et à celui de ceux que vous citez, mais surtout au votre qui va plus loin que je ne pouvais l’espèrer, j’espère que petit à petit je pourrais mieux comprendre ce qui m’aidera à pardonner entièrement ma mère et mon père, et ce qui aidera à établir une véritable reconnaissance entre nous, où l’amour étouffé qui nous uni pourra peut-être renaître, respirer un peu, petit à petit, et se construire vraiment. Et que je n’aurais plus de phobie d’être seule dans la rue.

    Merci encore infiniment!!!! J’espère qu’en vous relisant et en communiquant une copie de ce que vous avez écrit à mon psy j’arriverais finalement quelque part.

  6. Mais une question me vient spontanément, peut-on en guérir? Mise à part la description, les causes et les effets, il n’y a pas de pistes concrètes pour aller mieux…Des idées?

  7. tout est bien decrit et semble donner une reponse au POURQUOI d une douleur qui s appelle aussi trou ui pleure…… je ne pense pas qu on puisse vraiment absolument guerir ,lablessure originelle laisse les traces et malheureusement mem pour d autres une hemorragie de l ame   ,mais on peut se construire et non pas se reconstruire puisqu on n a jammais eu l ocasion au depart de se construire … si on a une ame qui veut meme comme ca se developper, alors notre vie durant nous mettons en marche tous les moyens de bord possibles en faisant certes ,fautes sur fautes mais a un certainmoment apres peut etre un bon therapeute accompagnateur de vie , mere de substitution, etc, on finit par RENONCER a comtempler lamere morte qu on cherche a ressuciter, ELLE ne ressucitera jammais  c est fini le deuil lui meme est termine on ferme le livre e cette periode d espoir dissimule , on passe par lepaddon pour vraiment refermer le livre et commencer a ecrire le livre de vie d adulte capable d aimer et d etre aime (facile a dire  mais c st possible ) je fais partie deces gens qui ont cru etrevictime de malediction, mais on n est pas victime si on ne le croit , se choisir soi meme est tout a fait possible tant ois si la maman ne voulait ou ne pouvait pas nous choisir choiir d aimer , si je peut moiqui a passe plus de la moitie de ma vie dans unespece de desepoir bien dissimule par perode, tous ceux qui souffdre de trou  qui pleure , peuvent commencer a renoncer aetre aime meme inconsciemment  nous sommes finallement tous capables de se rechoisir …. difficile , tres meme  possible je maintient

  8. oui y-a-t-il des solutions ?

    âgée de 37 ans, ma spycholoque a posé ce diagnostic. j’ai découvert en thérapie depuis 3 ans (pour un autre motif) que ce vide intérieur, cette peur viscérale d’aimer, cette phobie de perdre l’autre, ce besoin vital inconciliable de dépendance et d’indépendance avait un nom…j’ai pris conscience de ce manque de repères normaux de base lorsqu’on est bb. le fait de ne pas savoir ce qu’est aimer et être aimé, tous les repères erronés m’ont fait prendre des mauvais chemins, faire des mauvais choix, et avoir des attirances pour des sales types qui m’ont maltraitée.. résultat catastrophique, enceinte à 30 ans, le père a pété les plombs puis séparés, il a finit par vouloir connaître son bb. j’apprends il y a 3 ans par la police qu’il a abusé notre fille, la 1ère fois elle avait 18 mois. cataclysme total, remise en question, effondrement. mais je ne suis pas comme ma mère, dès que j’ai su, j’ai protégé ma fille et ma fillle sait que son existence m’a toujours comblée de bonheur. 

    je me suis toujours sentie coupable d’exister et plus je mûris et plus je me dis que j’ai le droit d’exister, j’ai le droit d’être ce que je suis..de là à le vivre.

    merci de vos réponses

  9. J’ai eu l’impression en lisant votre texte qu’un gouffre s’ouvrait devant moi. 10 ans de thérapie pour arriver à concevoir l’inconcevable : j’ai été abandonnée par ma mère et je me suis abandonnée moi-même. Comment se reconstruire ? Comment apprendre à se regarder dans un miroir ? Comment exister ?
    Ma mère était elle-même dans une relation passionnelle avec sa propre mère, et dans une haine violente avec moi avec parfois quand j’étais comme il fallait une petite accalmie. Elle ne m’a jamais touché, serré dans ses bras.
    Alors oui votre texte m’a profondément touché, serait-ce parce que je commence à m’autoriser à avoir des émotions ?
    Merci

  10. Je ne sais que dire après m être intéressée a l’abandonnisme je me suis intéressée a
    l’angoisse de l’abandon…… Je suis stupéfaite…….. Voilà 10 ans que je suit une thérapie et que j’ai même fait 7 mois de clinique pour comprendre qui j’étais et ce que je ressentait mais aucun psychologues ni psychiatres n ont pu m’expliquer ce qu’il m’arrivait!!!! J ai eu une enfance et un début de vie de femme tumultueuse avec des relations plus que destructrices!! Enfin je comprend ce qu’il m’arrive!!!! Je vais en parler de ce pas à ma nouvelle psychologue et mon nouveau psychiatre et tendre à explorer cette nouvelle voie!!! Encore Merci de m’avoir aiguillé

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