En savoir plus sur le Conscient (Cs), l’Inconscient (Ics) et le Préconscient (Pcs)

  1. Conscient (Cs)
  2. Inconscient (Ics)
  3. Préconscient (Pcs)

1. Conscient (Cs)

La problématique de la prise de conscience et de son efficacité est importante dans la théorie de la cure. « La cure psychanalytique est édifiée sur l’influence du Cs sur l’Ics, et nous montre en tout cas que cette tâche, pour malaisée qu’elle soit, n’est pas impossible » (1). Mais, d’un autre côté, Freud souligne le fait qu’il ne suffit pas de communiquer au sujet l’interprétation, aussi adéquate soit-elle, de tel fantasme inconscient, pour induire des remaniements structuraux : « Si l’on communique à un patient une représentation qu’il a jadis refoulée mais qu’on a devinée, cela ne change tout d’abord rien à son état psychique. Avant tout cela ne lève pas le refoulement et n’annule pas ses effets » (1). La passage à la conscience n’implique pas à lui seul une véritable intégration du refoulé au Pcs, il doit être complété par tout un travail capable de lever les résistances qui entravent la communication entre l’Ics et le Pcs et capable d’établir une liaison de plus en plus étroite entre les traces mnésiques inconscientes et leur verbalisation. C’est seulement au terme de ce travail que peuvent se rejoindre « … le fait d’avoir entendu et celui d’avoir vécu qui sont d’une nature psychologique absolument différente même lorsque leur contenu est le même » (1). Le temps de la perlaboration serait ce qui permet cette intégration progressive au Pcs (2).

Sources :

  1. Freud S. : «L’Inconscient »
  2. Laplanche J., Pontalis J.-B. : « Vocabulaire de la psychanalyse »

2. Inconscient (Ics)

On peut résumer de cette manière les caractères essentiels de l’Ics : ses contenus sont des représentants des pulsions, ils sont régis par les mécanismes spécifiques du processus primaire (notamment la condensation et le déplacement), ils sont fortement investis de l’énergie pulsionnelle et ils cherchent à faire retour dans la conscience et dans l’action mais ils ne peuvent avoir accès au système Pcs – Cs que dans les formations de compromis après avoir été soumis aux déformations de la censure, ils concernent plus particulièrement des désirs de l’enfance qui connaissent une fixation dans l’Ics. Ces « compromis » se retrouvent dans les symptômes ainsi que dans les lapsus, les actes manqués, les rêves, … (1)

Pour Freud (2) il y a absence de négation, de doute, de degré de certitude ainsi qu’indifférence quant à la réalité dans l’Ics qui est régi par le principe de déplaisir-plaisir.

Lacan ajoutera que «L’inconscient se structure comme un langage». (3)

Pour illustrer cette notion de Lacan, voici un petit exposé de Massat G. (4) : « Un mot ce n’est rien dans le Cs. Car dans le Cs les mots ne sont pas les choses. Si je dis éléphant aucun éléphant n’apparaît, sinon il suffirait que je dise million et je serais millionnaire. Mais dans l’Ics c’est l’inverse, le mot, si bref soit-il dans sa sonorité, est la chose même. C’est pourquoi des maladies propres à l’Ics sont causes de souffrances sans être décelables à toutes mesures conscientes. Dans l’Ics les « sons sont raison » : le mot éléphant fait apparaître l’éléphant ou « aile et fend » ou « elle est fan », en tout cas le son, le langage, la parole sont des producteurs de formes et de mondes. Ici les pires choses, les nouages les plus compliqués, ne sont que les traces de sons de paroles aussi rapides que le temps. Les distorsions, les bifurcations sont le principe du langage inconscient où le contradictoire est possible, alors qu’il est impossible dans le Cs. »

Sources :

  1. Laplanche J., Pontalis J.-B. : « Vocabulaire de la psychanalyse »
  2. Freud S. : «L’Inconscient »
  3. Lacan J. – Figaro Littéraire, 1966
  4. Massat G. : « La psychanalyse n’est pas un humanisme »

3. Préconscient (Pcs)

La représentation préconsciente est liée au langage verbal, aux représentations de mots. Le Pcs est séparé de l’Ics par la censure qui ne permet pas aux contenus et aux processus inconscients de passer dans le Pcs sans subir de transformations. Le passage du Pcs au Cs est également soumis à une « seconde censure » qui se différencie de la censure proprement dite en ce qu’elle déforme moins qu’elle ne sélectionne, sa fonction consistant essentiellement à éviter la venue à la conscience de préoccupations perturbantes. Elle favorise ainsi l’exercice de l’attention.

La distinction entre Pcs et Ics se vérifie dans la cure comme le souligne Lagache D. : « Si l’aveu de contenus préconscients peut provoquer des réticences, que l’application de la règle de libre association est destinée à éliminer, la reconnaissance de l’Ics se heurte à des résistances, elles-mêmes insconscientes, que l’analyse doit progressivement interpréter et surmonter (étant bien entendu que les réticences se fondent le plus souvent sur des résistances). »

(Laplanche J., Pontalis J.-B. : « Vocabulaire de la psychanalyse »)

 

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