En savoir plus sur le rêve et son interprétation

  1. Chez l’adulte
  2. Chez l’enfant

1. Chez l’adulte

Pour Freud, l’interprétation du rêve est une technique psychanalytique importante. Le rêve intervient en réaction à un stimulus psychique (un désir non reconnu, inconscient qui a été suscité par une situation de la veille), il a la valeur d’une liquidation de ce stimulus car le contenu du rêve présente l’accomplissement de ce souhait sous la forme d’une expérience vécue hallucinatoire, de sorte que celui-ci est éliminé et que le sommeil peut être poursuivi. Il est donc le protecteur du sommeil, son gardien. « Le travail de la veille peut avoir laissé des restes diurnes dont l’investissement en énergie n’a pas été retiré, il peut avoir excité, le jour, un désir inconscient … celui-ci s’est frayé une voie jusqu’à ces restes diurnes et a réalisé sur eux son transfert … Il pénétrerait volontiers dans la conscience par la voie normale des processus de pensée, à travers le Préconscient … mais il se heurte à la censure … Il subit alors une nouvelle déformation … en devenant contenu perceptif lors du sommeil … qui diminue la censure endopsychique.» (1)

Le rêve est donc l’accomplissement déguisé d’un désir infantile refoulé, cette déformation fait partie de l’élaboration secondaire à laquelle sont soumises, par suite de la censure, les pensées du rêve ; l’étrangeté de celui-ci est la conséquence de la condensation qui comprime sur un élément représentatif une suite de pensées, réalisant ainsi des formes mixtes parfois contradictoires ; l’oubli du rêve est en grande partie le fait de la résistance.

En 1920, Freud (2) décrit une catégorie de songes qui font exception à la théorie du rêve comme accomplissement de désir, il s’agit des rêves de l’hystérie traumatique et de ceux effectués au cours d’une psychanalyse, ces derniers obéiraient à la compulsion de répétition dans laquelle la pulsion de mort est à l’œuvre. Ferenczi (3) le rejoint en parlant de fonction traumatolytique de certains rêves dans lesquels la répétition du trauma correspond à une tentative d‘amener celui-ci à une résolution meilleure ; lorsque l’essai échoue, le rêve devient cauchemar. Il suggère que ces restes traumatiques, qui tendent à la répétition, pourraient être des impressions inconscientes qui n’ont en fait jamais été conscientes et qui profitent de la fonction d’accomplissement de désir du rêve pour chercher à aboutir à une résolution.

Soler C. (4) constate que Freud considérait le chiffrage du rêve (la substitution et la combinaison de signes dans le rêve) comme en étant « l’essence », situant ainsi le songe comme le témoin de l’Inconscient qui travaille tout seul, comme structure de langage. En rapport avec Lacan, elle ajoute que le langage en question, celui du rêve, est satisfaction, « le je pense se jouit » où l’Inconscient est jouissance. Si le rêve se jouit, il ne le fait pas sans figuration, le rêve n’est pas seulement jouissance du signifiant, il est fiction jouie.

Sources :

  1. Freud S. : « L’interprétation des rêves »
  2. Freud S. : « Au-delà du principe de plaisir »
  3. Ferenczi S. : « De la révision de l’interprétation des rêves »
  4. Soler C. : « L’ombilic et la chose »

2. Chez l’enfant

Selon Freud, les rêves où la déformation est minime voire absente concernent les enfants :      « Les rêves d’enfants sont courts, clairs, cohérents, faciles à comprendre, non équivoques. » (1)

Cependant, il se rend compte que la déformation intervient très tôt et que les rêves d’enfants de cinq à huit ans comportent déjà tous les caractères des rêves ultérieurs. Pour lui, ce sont les songes d’enfants plus jeunes qui ne nécessitent pas d’analyse pour être interprétés car il n’y a pas encore de séparation et de censure entre le Préconscient et l’Inconscient, ils se réfèrent chaque fois à une expérience vécue de la journée précédente qui a laissé derrière elle un regret, un souhait non liquidé. Ils ne sont toutefois pas dénués de sens, ces sont des actes animiques à part entière, intelligibles, qui apportent l’accomplissement direct, non voilé, d’un désir. La seule déformation subie est la transposition de la pensée en expérience vécue.

Anna Freud (2) considère également que l’interprétation des rêves chez l’enfant est un domaine où l’expérience acquise dans l’analyse des adultes peut entièrement s’appliquer, il ne rêve ni plus ni moins que lui, la clarté ou l’obscurité de ses rêves dépend aussi de la force de la résistance. Néanmoins, ils sont plus faciles à interpréter car l’enfant s’amuse à rechercher les différents éléments d’un rêve dans les situations de sa vie réelle. Cela proviendrait du fait que l’enfant est plus proche du rêve que l’adulte, son mode de penser éveillé n’étant pas très loin de son mode de penser onirique, et qu’il trouve tout naturel d’y découvrir un sens. Dans sa pratique analytique, elle utilisera la même méthode d’interprétation que pour l’adulte chez les enfants plus âgés, maîtrisant le langage. Pour les autres, elle traduira elle-même le rêve lorsque l’enfant s’en souvient.

Quant à Klein M. (3), elle voit dans les rêves d’enfants, l’expression de leurs désirs et également les contre-investissements procédant du Surmoi. Elle remarque que même dans le plus simple des rêves de désir, le sentiment de culpabilité intervient sous une forme latente. Sa technique repose sur la représentation du rêve sous forme de dessin ou de jeu, ce-dernier étant le moyen d’expression par excellence de l’enfant. Les propos de toute espèce qu’il y entremêle doivent être pris comme des associations au plein sens du terme. Ensuite elle propose une interprétation en profondeur, ne se contentant pas de traduire la symbolique du contenu mais également de tenir compte de l’angoisse et de la culpabilité sous-jacentes.

Sources :

  1. Freud S. : « Rêves d’enfant »
  2. Freud A. : « Le traitement psychanalytique des enfants »
  3. Klein M. : « La psychanalyse des enfants »

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