Les questions fréquemment posées sur la bibliothérapie

Quelle est la différence entre la bibliothérapie et un club de lecture ?

Les deux termes n’ont presque rien en commun, la bibliothérapie que je pratique se situe dans le cadre d’une psychothérapie analytique, c’est un outil qui permet, par le biais de ce que la lecture a suscité chez la personne, de l’aider à mieux se connaître. C’est l’impact psychique sur le lecteur qui est analysé, pas l’auteur ou l’oeuvre.

Concrètement, comment se déroule une séance de psychothérapie qui inclut la bibliothérapie comme outil ?

La première séance permet surtout de clarifier votre demande et de faire un petit tour d’horizon de votre histoire. Ensuite, chaque entretien comprendra l’analyse des éléments  suscités par vos lectures sans que ce soit pour autant figé dans un laps de temps donné. Il peut même arriver que plusieurs séances n’en comprennent pas en fonction de l’évolution de la psychothérapie.

Il y a tellement de livres, comment savoir lequel choisir pour m’aider ?

Le bibliothérapeute ne « prescrit » pas telle ou telle lecture car chaque lecteur interprètera le texte en fonction de son histoire, de sa personnalité et de ses difficultés du moment. Il n’y a donc pas de bons ou de mauvais livres à partir du moment où il s’agit d’une oeuvre imaginaire (roman, pièce de théâtre, poésie) écrite par un auteur respectueux de son lecteur et qui ne vise pas simplement à le divertir. Il faut parfois se promener dans les rayons d’une bibliothèque ou d’une librairie pour trouver un livre qui nous parle, nous attire et qui nous donnera alors peut-être l’occasion de nous découvrir.

Est-il préférable de choisir une belle histoire pour se sentir mieux ?

Je répondrai à cette question en reprenant un extrait de l’interview de Maurice Corcos («Lire, c’est rencontrer un frère») parue dans le Figaro (en ligne depuis le 07/03/2012) :

« Surtout pas, n’en déplaise aux actuels marchands de bonheur produisant des livres qui ne sont que des miroirs plans et qui nous disent, dans une sorte de contrat narcissique, que nous sommes beaux, que c’est possible d’avoir tout tout de suite ! Purs produits d’une culture de la réussite, ces productions et non ces «œuvres» littéraires ne favorisent surtout pas l’introspection … mais l’imitation … Celle des joies tristes de ne consommer que des excitants. Or, ce qui est profondément thérapeutique dans la lecture, c’est de rencontrer une parenté … Ce sont toujours ces retrouvailles identificatoires avec quelqu’un dont vous avez le sentiment qu’il est passé par les mêmes défilés de la vie, la même éducation sentimentale, les mêmes affres, et ceux-ci vous rappellent un pan de l’histoire de votre enfance. … La page d’un livre est une surface de projection unique. … Ce qui est fondateur, aussi, c’est que, à chaque fois sous des formes différentes, c’est la même traversée humaine qui nous est racontée, à savoir : d’où venons-nous ? Comment nous séparer de nos géniteurs ? Comment rencontrer l’autre, le différent ? Comment oser penser la sexualité et la mort ? Chaque livre est à la fois un miroir ancien et profond réfléchissant aussi bien nos réussites que nos zones de fêlure. »

Ne pourrait-on pas aussi utiliser le cinéma comme outil thérapeutique ?

L’impact psychique ne serait pas le même car les images des personnages, des lieux de l’action, … nous seraient imposées. Comme le disait si justement Flaubert dans sa correspondance avec Ernest Duplan en 1862 :

« Une femme dessinée ressemble à une femme, voilà tout. L’idée est dès lors fermée, complète, et toutes les phrases sont inutiles, tandis qu’une femme écrite fait rêver à mille femmes. »

À qui s’adresse la bibliothérapie ?

À toute personne qui, dans le cadre d’une psychothérapie, voudrait utiliser les livres et la lecture pour l’aider à se découvrir, qu’il soit adulte ou enfant.

Comment la bibliothérapie peut-elle être utilisée avec des jeunes enfants qui ne savent pas encore lire seuls ?

L’implication des parents est primordiale dans toute psychothérapie avec un enfant mais encore plus particulièrement dans celle où l’outil bilbiothérapeutique est utilisé. En effet, ce sera aux parents de lire l’histoire à leur enfant, sans la juger ni l’interpréter pour laisser à l’enfant le temps de s’en imprégner et d’en faire sa propre interprétation, même si elle est erronée. Comme pour l’adulte, c’est cet impact psychique qui sera intéressant dans le cadre de la psychothérapie.

Comment choisir un livre pour mon enfant ?

Vu la pléthore de livres pour enfants, c’est le bibliothérapeute qui donnera le choix du livre ou de l’album à l’enfant. Attention, il ne s’agira pas de lectures dirigées mais plutôt de restreindre le choix de l’enfant à un certain nombre d’ouvrages pré-sélectionnés. Ce sont surtout les contes de Grimm qui seront mis à l’honneur en bibliothérapie avec l’enfant. Cependant, comme pour l’adulte, l’enfant pourra aussi prendre un livre qui l’a marqué ou qu’il affectionne particulièrement.

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